LMB Aerospace : la Souveraineté sacrifiée sur l'autel de l'atlantisme
La vente de LMB Aerospace au groupe américain Loar n’est ni une erreur d’appréciation ni une décision technique malheureuse. C’est un acte politique lourd, révélateur d’une ligne constante : la France parle de souveraineté mais s’y refuse dès qu’elle implique un rapport de force réel avec les États-Unis.
Le déroulé du dossier est pourtant limpide. Dès février 2025, l’État est informé de l’entrée en négociations exclusives entre LMB Aerospace et Loar Group. L’entreprise, implantée en Corrèze, n’est pas un sous-traitant quelconque : elle produit des équipements critiques pour l’aéronautique, civils et militaires, relevant de technologies duales. Elle entre donc pleinement dans le champ des investissements étrangers soumis à autorisation préalable.
Pendant près d’un an, le dossier circule dans les administrations. La Direction générale de l’armement alerte. Elle rappelle l’évidence : on ne cède pas un actif de cette nature à un acteur extra-européen sans garanties fortes. Elle propose une solution pragmatique et éprouvée : l’entrée de Bpifrance au capital, afin de maintenir un contrôle stratégique français, même partiel.
Cette recommandation n’est ni radicale ni idéologique. Elle constitue le minimum syndical d’une politique industrielle digne de ce nom. Elle est pourtant ignorée. Le ministre de l’Économie valide la cession sans condition structurante, sans participation publique, sans droit de regard réel. LMB Aerospace passe sous pavillon américain, point final.
Il faut appeler les choses par leur nom : l’État français avait tous les moyens de bloquer cette vente. Le droit le permettait. Le dispositif de contrôle des investissements étrangers existe précisément pour cela. Le contexte géopolitique — guerre en Europe, tensions industrielles, affirmation brutale de la puissance américaine — rendait ce refus parfaitement légitime. Si la vente a été autorisée, ce n’est pas par faiblesse juridique, mais par renoncement politique.
Ce renoncement est d’autant plus grave qu’il contredit frontalement les discours officiels. Depuis des années, l’exécutif explique vouloir réduire les dépendances stratégiques, relocaliser l’industrie, construire une autonomie européenne. Dans les faits, il livre des maillons industriels sensibles à des intérêts américains, sans même exiger une présence de l’État français au capital. La contradiction n’est plus tenable.
Cette affaire met surtout en lumière une réalité que l’on préfère taire : la France n’ose pas s’opposer aux États-Unis. Elle proteste à mots choisis contre l’extraterritorialité du droit américain. Elle critique l’Inflation Reduction Act. Elle dénonce la concurrence déloyale. Mais lorsqu’un dossier concret exige un acte de souveraineté, l’autorité disparaît. Le « non » devient impensable. Même le « oui, mais sous conditions » est abandonné.
Cette soumission feutrée est maquillée en pragmatisme économique. Elle est en réalité une forme d’atlantisme résigné, qui considère implicitement que la perte de contrôle industriel est acceptable dès lors qu’elle bénéficie à un allié américain. Ce raisonnement est dangereux. Les États-Unis, eux, n’hésitent jamais à bloquer, conditionner ou rapatrier des actifs stratégiques lorsqu’ils estiment leurs intérêts menacés.
La vente de LMB Aerospace envoie un signal clair et désastreux :
– aux industriels français, que l’État ne les protégera pas ;
– aux salariés et aux territoires, que leur savoir-faire est négociable ;
– aux partenaires étrangers, que la souveraineté française est négociable.
Ce dossier restera comme un cas d’école : celui d’un État qui disposait des outils, des arguments et de la légitimité politique pour agir — et qui a sciemment choisi de ne pas le faire. À force de confondre alliance et alignement, ouverture et abdication, la France organise elle-même son déclassement industriel.
La souveraineté ne se proclame pas. Elle se défend. En autorisant la vente de LMB Aerospace, le gouvernement a fait le choix inverse.
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