Comminges, qu'ont-ils fait de toi ?
Le Comminges n’a pas manqué d’usines. Il a manqué de courage politique. Depuis quarante ans, ce territoire a vu disparaître, les unes après les autres, ses principales activités industrielles, sans qu’aucune stratégie sérieuse ne soit jamais mise en place pour les défendre ou les remplacer.
Des fermetures majeures, pas des accidents ...
Le départ des activités d’Elf à Boussens dans les années 1990 a marqué le premier grand décrochage.
La fermeture de Péchiney à Marignac en 2001 a confirmé que même une industrie stratégique, adossée à l’hydroélectricité, pouvait être abandonnée.
La disparition de Riz-Lacroix à Mazères-sur-Salat la même année a scellé la fin d’un savoir-faire papetier historique.
A chaque fois, le discours a été le même : fatalité économique, décisions lointaines, absence de marges de manœuvre. A chaque fois, les élus locaux ont accompagné, négocié les plans sociaux, communiqué sur la “reconversion”, sans jamais préparer l’après.
Fibre Excellence : la répétition du scénario ...
Aujourd’hui, la menace de fermeture de Fibre Excellence à Saint-Gaudens montre que rien n’a été appris. Ce site industriel majeur, l’un des derniers du bassin, est fragilisé dans un contexte pourtant marqué par les discours sur la réindustrialisation et la souveraineté.
Le problème n’est pas seulement ce qui se joue aujourd’hui, le problème est que cette situation était prévisible.
Aucune anticipation sérieuse n’a été menée, aucune stratégie industrielle territoriale n’a été construite, aucune alternative crédible n’a été préparée.
La responsabilité des politiques locaux ...
Il faut le dire clairement : les responsables politiques locaux, et notamment ceux qui ont exercé le pouvoir pendant des décennies, portent une lourde responsabilité. Ils ont géré le territoire comme on gère une administration, pas comme un espace productif à défendre.
Ils ont cru qu’on pouvait compenser la perte de l’industrie par des services, des zones d’activités sans contenu, ou des promesses de reconversion. Ils se sont trompés.
Le résultat est visible :
une dépendance accrue aux emplois précaires,
un décrochage démographique,
un affaiblissement du tissu économique,
et une perte de confiance collective.
Le vrai débat à ouvrir ...
Le Comminges n’a pas besoin de discours généraux ni de boucs émissaires, il a besoin d’une question simple et brutale : veut-on encore produire ici, ou seulement accompagner le déclin ?
Sans industrie, il n’y a pas d’emplois qualifiés durables.
Sans anticipation, chaque site devient une urgence.
Sans rupture politique, les fermetures continueront.
Les fermetures industrielles du Comminges ne sont pas une fatalité naturelle, elles sont le résultat d’une absence de choix, d’un renoncement politique et d’un manque de vision.
Fibre Excellence n’est pas un cas isolé.
C’est le miroir de quarante ans d’échecs que plus personne ne peut feindre d’ignorer.
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