France !
La France n’est pas une ethnie. Elle n’est ni une couleur de peau, ni une religion, ni une généalogie. Elle est une construction politique, une œuvre historique de l’État, une volonté collective forgée par des siècles de conflits, de compromis et d’exigence républicaine. C’est précisément pour cela qu’elle est forte et que ceux qui la réduisent à l’identité comme ceux qui la fragmentent en communautés commettent la même erreur, symétrique et dangereuse.
Oui, la France a changé. Nier cette réalité serait absurde. Mais non, elle n’a pas changé de nature. Et surtout, ce changement reste partiel, localisé, inégalement réparti sur le territoire. En faire une bascule civilisationnelle relève soit de l’aveuglement, soit d’un choix idéologique assumé.
C’est ce choix que révèlent les propos récents de Jean-Luc Mélenchon appelant à « incarner la nouvelle France », au prix d’un détournement volontaire de mots lourdement chargés dans l’imaginaire collectif. Il ne s’agit pas d’une simple provocation rhétorique. Il s’agit de la construction d’un récit politique qui oppose implicitement une France d’hier à une France de demain, comme si la Nation devait désormais se définir par ses flux et ses identités plutôt que par sa continuité civique.
Cette vision rencontre, en miroir, une autre dérive : celle d’une droite obsédée par la pureté perdue, la généalogie et le fantasme du « sang et du sol ». Ces deux discours se nourrissent l’un l’autre. Ils prospèrent sur la peur, l’exagération et la rupture symbolique. Et tous deux contribuent à désagréger le commun.
Car la France ne s’est jamais définie par l’origine, mais par l’adhésion. Elle ne s’est jamais maintenue par la reconnaissance politique des différences, mais par leur dépassement dans un cadre commun. C’est là le cœur du modèle républicain français, souvent caricaturé, rarement défendu avec clarté.
Le communautarisme, qu’il soit revendiqué ou dissimulé sous le vocabulaire du progrès, est une impasse. Mais l’obsession identitaire l’est tout autant. L’un enferme les individus dans ce qu’ils sont supposés être. L’autre les exclut de ce qu’ils pourraient devenir. Dans les deux cas, on renonce à l’idée fondatrice de la République : le citoyen prime sur l’identité.
La République n’a pas à s’excuser d’exiger. Elle n’a pas à s’adapter aux particularismes. Elle n’a pas à négocier ses principes. Elle doit intégrer, non flatter ; assimiler, non segmenter.
Assimiler ne signifie pas effacer les individus. Cela signifie leur offrir un cadre clair, exigeant et émancipateur : une langue commune, une loi commune, une laïcité non négociable, l’égalité stricte entre les femmes et les hommes, et une loyauté civique sans ambiguïté envers la Nation.
Il n’y a pas de France « à la carte ».
Il n’y a pas de citoyenneté conditionnelle.
Il n’y a pas de droits sans devoirs.
Mais cette fermeté serait un discours incantatoire si elle n’était pas accompagnée d’une autre exigence, trop souvent évitée dans le débat public : la maîtrise des flux migratoires. Non par peur de l’étranger. Non par obsession identitaire. Mais parce qu’aucun État sérieux ne peut intégrer durablement sans réguler. Parce que l’intégration est une politique concrète, pas un slogan moral. Parce que la souveraineté ne se délègue pas.
Ouvrir sans limite, puis invoquer l’intégration, c’est organiser l’échec et nourrir les radicalités. Fermer par réflexe, au nom d’une identité fantasmée, c’est trahir l’histoire française, qui a toujours su transformer des arrivants en Français, à condition d’en avoir la volonté politique et les moyens.
La France n’a pas besoin d’un récit de « remplacement », qu’il soit brandi par peur ou retourné par provocation. Elle n’a pas besoin non plus d’un récit de déclin ethnique. Elle a besoin d’un État fort, d’une Nation assumée, et d’un cap politique clair.
Ni repentance permanente.
Ni fantasmes identitaires.
Ni accommodements.
La France n’est grande que lorsqu’elle est exigeante. Elle n’intègre que lorsqu’elle affirme ce qu’elle est. Et elle se fragilise chaque fois qu’elle abdique son autorité.
La Nation, toute la Nation, rien que la Nation.
Mais une Nation politique, ouverte par l’adhésion, fermée aux fractures.
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