Pour une réorientation des dividendes au service de l’économie nationale
Lorsqu’un actionnaire perçoit des dividendes, il touche la part de richesse créée par l’entreprise dans laquelle il a investi. Rien de plus légitime, dira-t-on. Mais ce qui l’est beaucoup moins, c’est que cette richesse, produite sur notre sol par le travail de femmes et d’hommes, puisse ensuite quitter nos frontières sans autre forme de condition, alimentant une consommation importée ou des placements spéculatifs à l’étranger.
Nous devons ouvrir les yeux : l’argent des dividendes ne ruisselle pas. Il s’évapore. Il ne finance ni nos infrastructures, ni nos PME, ni nos territoires. Il ne contribue pas, ou si peu, à l’effort de transition écologique et industrielle dont notre pays a cruellement besoin.
La France est aujourd’hui confrontée à une double impasse. D’un côté, les revenus du travail demeurent lourdement taxés, au point de peser sur le pouvoir d’achat et sur la compétitivité de nos entreprises. De l’autre, les revenus du capital, eux, bénéficient d’un régime fiscal avantageux et d’une liberté de circulation quasi totale. Résultat : nos propres ressources financières s’en vont irriguer des économies plus attractives, tandis que nous débattons de la meilleure manière de financer nos écoles, nos hôpitaux, nos infrastructures énergétiques.
Cette situation n’est pas seulement injuste : elle est économiquement absurde. Un pays qui laisse filer son épargne productive s’appauvrit. Il perd sa capacité d’investissement, de résilience et d’innovation.
Or, n’oublions pas que dans notre tradition Bonapartiste existe une idée forte : l’association du capital et du travail. Napoléon III, par exemple, voyait dans cette alliance la clef d’une prospérité partagée, où l’entrepreneur et l’ouvrier ne s’opposent pas mais avancent ensemble. C’est exactement cette vision qu’il nous faut retrouver : celle d’un capital qui ne se contente pas de rémunérer l’actionnaire, mais qui participe à la vitalité collective.
Chaque euro de dividende distribué devrait être encouragé à rester sur notre territoire, pour soutenir l’investissement productif, l’innovation, la transition écologique, l’emploi local. Plusieurs leviers existent :
-des incitations fiscales conditionnées au réinvestissement dans des projets nationaux ;
-une fiscalité différenciée selon que l’argent repart ou qu’il nourrit l’économie domestique ;
-un encadrement plus strict des holdings et des flux financiers pour éviter l’optimisation stérile.
Bien sûr, cela suppose de remettre sur la table des principes que l’on croyait intangibles, comme la libre circulation absolue des capitaux. Mais quelle souveraineté reste-t-il à une nation qui ne contrôle plus l’usage de ses propres richesses ?
Redonner du sens aux dividendes, ce n’est pas nier la légitimité de la rémunération du capital. C’est rappeler que le capital, comme le travail, doit servir le bien commun. C’est un impératif de justice, mais aussi d’efficacité économique. Car une économie qui recycle sa richesse sur son propre territoire est une économie plus robuste, plus créative et plus solidaire.
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