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Relancer la France : le temps de l’État stratège

Relancer la France : le temps de l’État stratège

La France a tout pour réussir : un savoir-faire industriel reconnu, une jeunesse talentueuse, une épargne abondante et une position géographique unique au cœur de l’Europe. Pourtant, notre économie reste engluée dans une croissance molle, minée par la désindustrialisation et la dépendance aux importations stratégiques. Chaque crise – énergétique, sanitaire, géopolitique – nous rappelle la même évidence : sans souveraineté productive, il n’y a ni prospérité durable, ni stabilité sociale.

Le moment est venu de rompre avec l’attentisme. La relance de notre économie suppose une méthode claire : planifier, investir, exécuter. Cette approche, que l’on pourrait qualifier de bonapartiste, repose sur un État stratège qui fixe le cap, mobilise les moyens et exige des résultats.

Trois priorités absolues

1. Retrouver la souveraineté productive.

La France doit protéger ses filières critiques. Cela passe par un nouveau programme nucléaire, l’industrialisation des énergies pilotables, la relocalisation de la chimie fine, des composants électroniques et des dispositifs médicaux. Nos chaînes d’approvisionnement doivent être sécurisées pour ne plus dépendre de l’étranger dans des domaines vitaux.

2. Investir massivement et utile.

Nous devons créer une Banque d’investissement souveraine, capitalisée par l’État et l’épargne nationale, capable de cofinancer les projets d’usines, d’infrastructures et de R&D de rupture. Chaque euro public doit être conditionné à un retour concret : productivité accrue, emplois industriels, exportations supplémentaires. L’argent public ne peut plus subventionner le statu quo.

3. Remettre le travail et les compétences au cœur.

Un pays qui n’emploie pas ses jeunes et laisse partir ses seniors ne peut prospérer. L’apprentissage doit devenir la voie royale d’accès à l’emploi. Les filières techniques et scientifiques doivent être renforcées, avec des places accrues et des moyens revalorisés. Enfin, l’immigration économique doit être choisie, accélérée, et concentrée sur les métiers en tension.

Une méthode simple : décider et exécuter

Les projets industriels en France mettent parfois dix ans à aboutir, quand nos voisins en mettent deux. Il faut instaurer un délai légal de 120 jours pour autoriser ou refuser tout projet productif. Les préfets doivent devenir de véritables chefs de projets économiques régionaux, dotés de moyens et tenus de rendre des comptes sur l’emploi et l’investissement.

De même, la commande publique doit devenir un levier d’innovation. Une part des marchés de l’État doit être réservée à des entreprises innovantes, avec obligation d’industrialiser si les résultats sont probants.

Objectifs clairs et mesurables

La France doit se fixer des buts concrets et vérifiables :

faire passer la part de l’industrie dans le PIB de 10 à 12 % en cinq ans,

gagner 100 milliards d’euros d’exportations supplémentaires,

relever de 4 points le taux d’emploi des 15–64 ans,

ramener à moins de 120 jours le délai moyen de traitement des projets industriels.

Ces objectifs doivent être publiés et suivis dans un tableau de bord accessible à tous. Car la croissance ne se décrète pas, elle se construit, et elle se mesure.

Grandeur et prospérité

Relancer l’économie française n’est pas seulement une affaire de chiffres. C’est une question de souveraineté, de cohésion sociale et de confiance collective. Notre modèle social ne pourra perdurer que si nous recréons de la richesse par le travail et l’innovation.

La France a déjà prouvé qu’elle pouvait se hisser au premier rang mondial lorsqu’elle se donnait les moyens de ses ambitions – qu’il s’agisse du nucléaire, du TGV ou d’Airbus. Ce volontarisme doit redevenir la règle.

Il est temps de cesser les demi-mesures. La France n’a pas besoin d’une énième réforme cosmétique, mais d’un sursaut de décision et de constance. C’est ainsi que nous retrouverons le chemin de la croissance et, plus encore, celui de la grandeur économique.

Jules Amigues

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