La France et l’Afrique : pour un partenariat gagnant-gagnant
On présente souvent l’Afrique comme la bombe démographique et sécuritaire du XXIᵉ siècle. Menace migratoire, pauvreté chronique, terrorisme : autant de clichés qui réduisent un continent jeune et dynamique à une inquiétude permanente. Or, l’Afrique n’est pas la catastrophe de demain : elle est le moteur du siècle à venir. La France, si elle veut exister dans le monde multipolaire, doit cesser de regarder l’Afrique avec les lunettes du passé. Il est temps d’oser une politique gagnant-gagnant, qui fasse de la francophonie non un héritage, mais une puissance.
L’Afrique, centre du XXIᵉ siècle ...
En 2050, un quart de l’humanité sera africaine. L’avenir de la planète se joue sur ce continent :
par sa jeunesse (60 % de moins de 25 ans) ;
par ses ressources stratégiques (minerais, biodiversité, énergies vertes) ;
par son rôle clé dans la lutte contre le changement climatique.
La question n’est plus : comment la France peut-elle aider l’Afrique ? mais comment construire avec elle un futur partagé.
Les impasses françaises ...
La France a trop longtemps pratiqué un mélange de paternalisme, de militarisation et de dépendance économique. Résultat : sentiment anti-français, bases militaires rejetées, influence perdue au profit de la Chine, de la Russie, de la Turquie ou de l’Inde.
L’Afrique n’a pas besoin d’assistance. Elle exige du respect, des investissements productifs et une place à la table des grandes décisions mondiales.
Les piliers d’une nouvelle politique africaine
Co-développement économique : transformer localement les matières premières, investir dans les énergies renouvelables, soutenir les start-ups.
Education et jeunesse : multiplier les campus franco-africains, encourager la mobilité étudiante, miser sur les industries culturelles africaines qui rayonnent déjà dans le monde.
Sécurité repensée : former les armées africaines plutôt que se substituer à elles, agir dans le cadre multilatéral (UA, CEDEAO, ONU).
Diplomatie d’égal à égal : associer systématiquement l’Afrique aux négociations globales, du climat au numérique.
La francophonie, levier d’avenir ...
Près de 60 % des francophones sont africains. D’ici 2050, ce sera plus de 80 %. La francophonie n’est pas un héritage français : elle est devenue africaine.
Construire une Union francophone permettrait d’harmoniser les systèmes éducatifs, de créer un marché intégré, d’établir une Banque de développement francophone et de peser collectivement dans les négociations internationales.
C’est un espace stratégique unique, où l’Afrique est le cœur et la France un partenaire.
Un geste historique : partager le siège à l’ONU ...
La France détient un siège permanent au Conseil de sécurité. Mais sa légitimité est contestée. Plutôt que de subir, Paris peut prendre l’initiative : partager ce siège avec l’Union francophone.
Ce serait un signal fort :
donner enfin une voix directe à l’Afrique dans la gouvernance mondiale ;
transformer un privilège hérité en levier d’avenir ;
faire de la France la puissance qui partage au lieu de s’accrocher.
Un tel geste réinventerait l’influence française. Il montrerait que l’histoire n’est pas un poids, mais une promesse.
Conclusion ...
L’Afrique n’est pas une bombe à désamorcer, mais un moteur à activer. La France n’a plus à choisir entre nostalgie de la Françafrique et marginalisation. Elle peut inventer un partenariat gagnant-gagnant, adossé à la jeunesse, au co-développement et à la francophonie.
Si elle ose des choix courageux — comme le partage de son siège à l’ONU — elle ne perdra pas de puissance : elle en créera une nouvelle, partagée, durable, et tournée vers l’avenir.
La francophonie sera africaine, ou ne sera pas. Et c’est là que la France peut encore écrire son rôle au XXIᵉ siècle.
Jean Pégot
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