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Les partis se perdent et la Nation s’affaiblit

Les partis se perdent et la Nation s’affaiblit

Je ne peux que souscrire aux propos de Gilles Platret : la crise que nous vivons est directement imputable au manque de courage de la classe politique. Depuis des décennies, la France est gouvernée par des partis qui ont oublié leur raison d’être : servir la Nation. Ils se regardent, se disputent, se recomposent au gré des sondages, mais n’agissent plus. Leur horizon n’est plus la grandeur du pays, mais la survie de leurs appareils.

De Gaulle comme les deux Napoléon l’avaient bien compris : les partis politiques, livrés à eux-mêmes, finissent toujours par diviser la France plus qu’ils ne la servent. De Gaulle voyait en eux “la maladie de la démocratie” ; Napoléon les considérait comme des factions, promptes à se déchirer au lieu d’unir. Tous savaient qu’il fallait, pour gouverner, transcender les partis — non pas les abolir, mais les remettre à leur juste place : celle d’outils au service du bien commun, non de machines à conquérir le pouvoir pour le pouvoir.

Aujourd’hui, ces mises en garde résonnent avec une acuité troublante. Les partis sont devenus des coquilles vides, incapables de penser la France autrement qu’à travers le prisme de la communication et des petits calculs électoraux. La démagogie a remplacé la vision. La prudence a supplanté la conviction. Le courage, cette vertu cardinale du politique, a disparu sous les couches de stratégie et de peur.

Mais la France n’a jamais grandi dans la peur. Elle s’est toujours relevée grâce à ceux qui ont osé, parfois seuls, tenir un cap contre vents et marées. Gouverner, ce n’est pas suivre les courbes d’opinion ; c’est savoir dire non quand tout le monde dit oui, et inversement. C’est préférer la vérité à la facilité, le risque à la routine, la Nation au parti.

La crise actuelle n’est donc pas seulement économique ou sociale. Elle est morale et politique. Elle découle de cette abdication du courage, de ce renoncement collectif à la parole vraie. Tant que la France sera dirigée par des gestionnaires d’appareil, et non par des serviteurs de la Nation, elle continuera de s’affaiblir, faute d’âme et de direction.

Il est temps de redonner sens à la politique, non comme une carrière, mais comme une mission. La France mérite mieux que des partis qui se battent pour exister : elle a besoin d’hommes et de femmes qui se battent pour elle.

Jean Pégot

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