Un citoyen, une nation, un vote
À chaque résurgence de la proposition d’accorder le droit de vote et d’éligibilité aux étrangers, le débat est présenté comme un progrès démocratique. En réalité, il s’agit d’une confusion grave des principes, qui affaiblit la citoyenneté et vide la démocratie de sa substance.
Le droit de vote n’est pas un droit administratif, ni un droit social, ni un droit lié à la résidence. Il est un droit politique, et à ce titre, il ne peut être dissocié de la citoyenneté. On ne vote pas parce que l’on habite quelque part, on vote parce que l’on appartient à un peuple souverain.
Le vote n’est pas un droit de présence ...
Accorder le droit de vote à des étrangers, même aux seules élections municipales, revient à transformer le suffrage en droit de séjour prolongé. C’est substituer à la notion de peuple politique celle d’une population fluctuante, définie par la durée de résidence ou l’ancrage local.
Or une commune n’est pas une simple circonscription de gestion. Elle est une cellule politique de la République, intégrée à un État souverain. Le maire n’est pas un gestionnaire neutre, il représente la République, exerce des pouvoirs régaliens, participe à la vie institutionnelle nationale. Dès lors, voter aux municipales, c’est déjà participer à la souveraineté.
On ne peut donc pas affirmer, sans incohérence, que le vote municipal serait apolitique ou secondaire.
L’argument fiscal : un retour masqué au vote censitaire ...
À défaut d’arguments solides, les partisans du vote des étrangers invoquent souvent la contribution fiscale, ils paient des impôts, donc ils devraient voter. Cet argument est non seulement faible, il est dangereux.
Car s’il fallait payer pour voter, alors ceux qui ne paient pas — ou peu — devraient logiquement être exclus du suffrage. C’est le principe même du vote censitaire, que la République a précisément combattu et aboli.
Le suffrage universel ne repose pas sur la richesse, ni sur l’utilité économique, mais sur l’égalité politique entre citoyens. Introduire l’impôt comme critère, même indirectement, revient à hiérarchiser les droits politiques selon des critères matériels.
L’Union européenne n’est pas un précédent valable ...
Certains invoquent le droit de vote des ressortissants européens aux élections municipales pour justifier une extension aux étrangers non européens. C’est oublier que cette exception est déjà une anomalie démocratique, née d’un compromis technocratique plus que d’un principe clair.
L’Union européenne n’est pas un État, ne forme pas un peuple souverain, et ne dispose pas d’un corps civique unifié. Ce droit dérogatoire n’a jamais été pensé comme un modèle, encore moins comme un point de départ pour une dilution générale du suffrage.
Étendre une exception contestable ne la rend pas plus légitime ; elle l’aggrave.
Naturalisation ou confusion ...
La République offre déjà un chemin clair et exigeant à ceux qui souhaitent participer pleinement à la vie politique : la naturalisation. Elle n’est ni humiliante ni discriminatoire : elle est l’acte par lequel on rejoint volontairement une communauté politique, avec ses droits et ses devoirs.
Contourner cette exigence, c’est envoyer un message paradoxal : la citoyenneté n’est plus nécessaire pour exercer la souveraineté. Elle devient symbolique, optionnelle, presque décorative.
Une démocratie qui renonce à définir clairement qui vote renonce à définir clairement qui décide.
Défendre la citoyenneté, ce n’est pas exclure ...
Refuser le droit de vote aux étrangers n’est ni une hostilité à l’étranger, ni un rejet de l’intégration. C’est au contraire prendre la citoyenneté au sérieux. Une République forte n’est pas celle qui distribue les droits politiques sans contrepartie, mais celle qui sait dire ce qu’ils signifient.
Le suffrage universel n’est pas un outil de gestion locale. Il est l’expression d’un peuple souverain. Le dissocier de la nationalité, c’est le vider de son sens.
Un citoyen, une nation, un vote. Tout le reste n’est que renoncement.
Jules Amigues
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