Pourquoi l’histoire de la nation française compte encore
Le mot nation est devenu, en France, source de malaise. Trop politique pour certains, trop chargé pour d’autres, il est souvent contourné, affaibli ou réduit à une simple opinion. Le travail de l’historien Eric Anceau permet de sortir de cette confusion. Ses deux ouvrages, Histoire de la nation française et la Nouvelle histoire de France, rappellent avec clarté que la nation française est d’abord une réalité historique, patiemment construite, et non un concept abstrait ou un slogan.
Dans Histoire de la nation française, Éric Anceau retrace la formation progressive de la France comme communauté politique. La nation n’y apparaît pas comme une invention soudaine, mais comme le résultat d’un long processus : construction de l’État, affirmation du droit commun, diffusion de la langue française, rôle central de l’école. Cette continuité historique a permis l’émergence de la citoyenneté et de l’égalité devant la loi. Autrement dit, la nation n’est pas l’ennemie de la démocratie : elle en a été le cadre.
La Nouvelle histoire de France, vaste entreprise collective, poursuit ce travail de clarification. Son ambition est simple et exigeante : raconter l’histoire de France sans la mythifier, mais sans la déconstruire systématiquement. L’ouvrage refuse le choix stérile entre un récit national glorificateur et une histoire uniquement accusatrice. Il propose un récit rigoureux, fondé sur les acquis de la recherche, capable d’embrasser la complexité du passé tout en restant compréhensible et transmissible.
Ce qui relie ces deux livres, c’est une conviction forte : une société a besoin d’un récit historique commun pour se comprendre et se projeter. Lorsque l’histoire nationale est fragmentée, relativisée à l’extrême ou réduite à une suite de controverses, elle cesse de jouer son rôle de repère. L’école se trouve alors privée de sa mission essentielle : transmettre des connaissances, mais aussi du sens et de la continuité.
Éric Anceau ne propose ni un retour nostalgique au passé, ni une vision figée de l’histoire. Il montre au contraire que l’histoire de France est faite de tensions, de conflits, de transformations. Mais il rappelle qu’elle forme un tout intelligible. Assumer cette histoire dans sa globalité — sans la sacraliser, sans la condamner en bloc — est une condition pour comprendre ce que nous sommes.
À l’heure où la France doute de ses repères, ces deux ouvrages offrent une lecture apaisée et solide du passé national. Ils rappellent que la nation française n’est pas un héritage encombrant, mais un bien commun, transmis, discuté et enrichi au fil du temps. Et que l’histoire, lorsqu’elle est prise au sérieux, demeure l’un des meilleurs outils pour éclairer le présent.
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