Un référendum, vite !
En France, la question européenne n’est plus une question d’adhésion, mais de choix souverain.
Avec 29 % d’opinions négatives et 33 % de Français se déclarant neutres à l’égard de l’Union européenne, le pays se distingue une nouvelle fois par sa distance critique. Mais cette situation n’est ni marginale ni conjoncturelle : elle révèle une fracture profonde entre le fonctionnement réel de l’Union et la culture politique française.
Les Français ne sont pas indifférents à l’Europe par ignorance, mais par dépossession. Ils perçoivent que des décisions essentielles — accords commerciaux, normes agricoles, contraintes budgétaires, politique industrielle — sont prises hors du débat national, sans mandat populaire explicite. Le pouvoir s’est déplacé ; la responsabilité démocratique, elle, s’est diluée.
Les 33 % de neutres sont au cœur de cette dynamique. Ils ne constituent pas un centre stabilisateur, mais un point de bascule. Leur neutralité n’est pas un soutien, c’est une suspension du jugement. Elle traduit l’attente d’un moment de vérité politique, d’un choix clair là où l’Union européenne a méthodiquement organisé l’absence d’alternative.
Dans ces conditions, la sortie de l’Union européenne ne peut plus être un tabou. Elle doit devenir une option politique légitime, posée clairement devant le peuple français. Non comme une décision imposée, mais comme un choix souverain à trancher démocratiquement. Le basculement des neutres ne vise pas à forcer une rupture, mais à rendre possible un débat que l’on a trop longtemps refusé.
Il faut donc proposer un référendum.
Un référendum clair, honnête, pour ou contre la sortie de l’Union européenne. Parce qu’un ordre politique qui engage durablement la nation ne peut se maintenir sans consentement explicite. Parce qu’en France, seule la parole directe du peuple peut clore un débat de cette nature.
Il faut une France libre.
Libre de décider, libre de rester ou de partir, libre de reprendre la maîtrise de son destin. La France n’a jamais été une province administrative ni un espace sous tutelle normative.
Une France libre n’est pas une France isolée.
C’est une France qui choisit — et qui accepte d’en assumer les conséquences.
Paul Lenglé
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