La France ...
Il existe une quatrième France que Philippe de Villiers refuse de voir
En divisant la France en trois blocs Philippe de Villiers propose moins une analyse qu’un récit de combat. Ce récit a sa force, sa cohérence idéologique, mais il repose sur une omission majeure : il oublie une quatrième France, pourtant décisive dans notre histoire politique.
Cette France n’est ni réactionnaire, ni nostalgique, ni libérale-mondiale. Elle n’oppose pas l’Histoire au progrès, ni la souveraineté à la modernité. Elle s’inscrit dans une tradition profonde que l’on peut qualifier de gaullo-bonapartiste.
C'est une France de synthèse, pas de repli contrairement à la « France résiduelle » telle que la décrit Philippe de Villiers, cette quatrième France ne se définit pas par la plainte ni par la seule défense du passé. Elle ne sacralise pas la tradition comme un refuge, mais la considère comme un socle d’action.
Elle assume :
▶️l'autorité de l’État sans mépris du peuple
▶️ la souveraineté nationale comme condition du progrès
▶️ le progrès social dans un cadre républicain,
la modernité industrielle, scientifique et administrative
▶️ une capacité de décision face aux blocages idéologiques.
Ce n’est pas une France qui conserve : c’est une France qui transforme.
Cette tradition n’est ni marginale ni fantasmée. Elle est au cœur de l’histoire française.
Napoléon Ier en est l’acte fondateur : État centralisé, Code civil, méritocratie, réorganisation administrative, primauté de l’intérêt national. Il ne restaure pas l’Ancien Régime, il refonde la France moderne.
Napoléon III prolonge cette logique par un bonapartisme social : industrialisation, grands travaux, crédit, reconnaissance du droit de grève, volonté d’intégrer les classes populaires à la prospérité nationale.
Charles de Gaulle inscrit cette tradition dans la République : souveraineté, indépendance stratégique, État arbitre, participation, dépassement du clivage droite-gauche.
Philippe Séguin en fut l’un des derniers héritiers contemporains : gaullisme social, défense de la souveraineté démocratique, refus de l’abandon du politique au juridique et au marché.
Même François de La Rocque, malgré les controverses, témoigne dans l’entre-deux-guerres d’une tentative – datée et imparfaite – de structurer une politique nationale de masse, sociale et autoritaire, hors du libéralisme comme du marxisme.
Tous partagent une même conviction : le progrès passe par la nation, et non contre elle.
Cette quatrième France refuse :
▶️ le progressisme hors-sol qui prétend « changer le peuple »
▶️ le conservatisme figé qui transforme la tradition en musée
▶️ la guerre culturelle permanente comme horizon politique
▶️ la réduction du peuple à une posture uniquement victimaire.
Car le peuple français n’est pas seulement une mémoire blessée : il est une force historique capable de projection.
Si Philippe de Villiers ne voit pas cette France, ce n’est pas un oubli innocent. C’est parce qu’elle brise la mécanique du clivage sur laquelle repose son discours.
Elle empêche d’opposer mécaniquement le peuple aux élites, la tradition au progrès, la nation à la modernité.
Elle oblige à gouverner, pas seulement à dénoncer. À produire, pas seulement à se souvenir. À unir, pas à diviser.
Cette France existe encore, mais elle est politiquement modeste actuellement malgré les efforts des militants de L'Appel au Peuple. Pourtant, historiquement, c’est elle qui a permis à la France de traverser les ruptures majeures.
La France n’est pas condamnée à choisir entre la dissolution et la nostalgie, il existe une autre voie : celle de la souveraineté moderne, de l’autorité démocratique et du progrès enraciné.
C’est cette France-là que la tripartition de Philippe de Villiers laisse dans l’angle mort et c’est sans doute aujourd’hui la plus nécessaire.
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