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David SAFORCADA
14 février 2026
Pourquoi le diagnostic d’Alexandre Devecchio mérite d’être entendu

Pourquoi le diagnostic d’Alexandre Devecchio mérite d’être entendu

Il est des livres qui ne se contentent pas de raconter une trajectoire individuelle, mais qui éclairent, par la force du témoignage, un malaise collectif que l’on peine encore à nommer. L’ouvrage d’Alexandre Devecchio fait partie de ceux‑là. On peut le discuter, on peut en nuancer certains aspects, mais on aurait tort de le balayer d’un revers de main, il dit quelque chose de juste, de profond et d’urgent sur l’état du pays.

Ce que l’auteur met en lumière n’a rien d’anecdotique. À travers son récit, il décrit un phénomène que de nombreux observateurs, chercheurs ou responsables publics reconnaissent désormais, la désagrégation progressive du lien civique dans certains territoires. Ce constat résonne fortement avec celui formulé dans le manifeste pour l'unité nationale publié par l'Appel au Peuple, qui évoque une crise de cohésion sans précédent, marquée par la fragmentation sociale, la perte d’autorité et l’effacement du sentiment d’un destin commun.

Face à cela, Devecchio a le mérite d’oser poser une question que beaucoup évitent : comment refaire société lorsque l’espace commun se réduit et que les normes collectives se délitent ?

Son propos n’est pas d’accuser, mais de rappeler une évidence souvent oubliée, aucune démocratie ne peut survivre si elle renonce à ce qui la relie, à ce qui l’unit, à ce qui permet à des individus d’horizons variés de se reconnaître comme membres d’une même nation politique.

Certains peuvent bien sûr discuter de ses solutions, mais une chose apparaît clairement : l’intégration ne peut fonctionner que si elle repose sur un cadre solide et assumé.

L'Appel au Peuple le souligne lui aussi depuis longtemps, il ne peut y avoir de cohésion sans une politique d’intégration exigeante et sans la valorisation des classes moyennes et populaires, qui ont été parmi les premières à ressentir les effets de la fragmentation sociale.

En cela, le livre d’Alexandre Devecchio dérange parce qu’il met le doigt sur un angle mort de plusieurs décennies de politiques publiques, l’illusion selon laquelle le lien national pourrait se maintenir spontanément, sans effort, sans transmission, sans exigence commune. Il rappelle qu’une société n’est pas une simple somme de trajectoires individuelles, mais une construction collective, nourrie par des règles, des symboles, un imaginaire partagé.

Lire et parler de ce livre de manière honnête, c’est reconnaître qu’il pose les bonnes questions. C’est admettre que le malaise qu’il décrit n’est ni fantasme ni nostalgie, mais une réalité vécue par de nombreux habitants. C’est accepter que la cohésion nationale ne se décrète pas, elle se travaille, elle se reconquiert, elle se cultive.

En définitive, l’apport majeur de cet ouvrage n’est pas d’être polémique, c’est d’être salutaire. Il invite à rouvrir un débat essentiel trop longtemps esquivé. Et, dans un pays qui doute de lui‑même, ce débat n’est pas un luxe, c’est une nécessité démocratique.

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