la France n’est pas une province
« Quand je parle d’une Europe qui devient une puissance, je ne parle pas de la France comme puissance. Je parle de l’Europe. »
Par cette déclaration, le président Emmanuel Macron ne se contente pas de proposer une orientation stratégique : il acte un renoncement. Renoncement à l’idée même de puissance nationale. Renoncement à la souveraineté populaire française. Renoncement, en réalité, à l’histoire politique de la France.
Car la France n’est pas une province. Elle n’est pas un rouage administratif d’un ensemble supranational. Elle est une nation politique, forgée par l’État, par l’autorité, par la volonté, par la décision. Elle a toujours été forte non parce qu’elle se dissolvait dans des ensembles flous, mais parce qu’elle assumait son destin.
Une puissance n’existe que si elle décide. Et une décision n’a de légitimité que si elle émane d’un peuple clairement identifié. Or l’Europe n’est pas un peuple. Elle n’a ni langue politique commune, ni volonté collective unifiée, ni responsabilité démocratique directe. Parler d’“Europe puissance”, c’est parler d’une puissance sans corps, sans âme, sans chef responsable devant une nation.
Ce discours repose sur une inversion dangereuse : ce qui était autrefois l’instrument — la coopération européenne — devient la finalité, et ce qui était la finalité — la souveraineté nationale — devient un obstacle. On demande aux peuples de se taire au nom de leur propre protection supposée. On leur explique que la puissance leur serait désormais extérieure.
C’est une erreur historique. Les grandes puissances ne naissent pas de compromis technocratiques, mais d’une volonté politique incarnée. Elles avancent parce qu’elles tranchent, parce qu’elles assument le rapport de force, parce qu’elles parlent d’une seule voix — celle d’un État souverain appuyé sur son peuple.
La France a été puissante lorsqu’elle décidait seule de sa diplomatie, de sa défense, de sa stratégie industrielle. Lorsqu’elle maîtrisait sa monnaie, ses frontières, son armée. Lorsqu’elle savait dire oui, mais aussi non. La puissance ne se mutualise pas : elle se commande.
Derrière le discours de l’Europe puissance se cache une réalité plus crue : l’impuissance organisée. Une chaîne de responsabilités diluées, où plus personne ne répond devant le peuple. Une gouvernance où l’échec n’a pas de visage, où la contrainte remplace la volonté, où la règle supplée la décision.
Le bonapartisme, ce n’est pas la nostalgie. C’est une philosophie politique simple :
➡️ l’autorité vient du peuple,
➡️ l’État incarne la nation,
➡️ la puissance sert l’indépendance.
À ce titre, nier la puissance nationale au profit d’une construction abstraite revient à rompre le pacte fondamental entre le chef et le peuple. Un président n’est pas élu pour organiser le dépassement de la nation qu’il représente, mais pour la défendre, la projeter et la faire respecter.
Coopérer entre États libres est une nécessité. Se dissoudre dans une entité sans souveraineté réelle est une faute politique. La France n’a jamais été grande en renonçant à elle-même.
Lorsqu’un président explique que la France ne peut plus être une puissance, il ne décrit pas le monde tel qu’il est : il annonce le monde tel qu’il le souhaite. Et ce choix, parce qu’il engage le cœur de la souveraineté, appelle une réponse politique claire.
Oui, il est temps de juger cette vision.
Oui, il est temps d’en changer.
Non pour sortir de l’Histoire, mais pour y rester.
Jules Amigues
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