Monarchie, la fausse solution
Une émission sur la radio "Tocsin Média", à laquelle a participé le prince Joachim Murat, dont le sujet était "pour ou contre le retour de la royauté" 'a amené David Saforcada à fouiller dans ses archives et en extraire ce texte de Thierry Choffat
Monarchie : la fausse solution
Le retour de la monarchie refait périodiquement surface dans le débat public français. À chaque crise politique, la même musique revient, la République aurait échoué, la monarchie apporterait stabilité, hauteur et continuité. L’argument séduit par sa simplicité. Il est pourtant trompeur.
La France n’a pas simplement changé de régime en 1789. Elle a changé de légitimité. Avec la Révolution puis l’exécution de Louis XVI, le pouvoir cesse d’être héréditaire pour devenir populaire. Cette rupture n’est pas discutable, elle fonde toute la vie politique française depuis plus de deux siècles, en France, la souveraineté appartient au peuple et à lui seul.
Citer les monarchies européennes pour justifier un retour est une comparaison superficielle. Le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique ou les Pays-Bas sont des monarchies parlementaires où le souverain ne gouverne pas, le pouvoir réel appartient aux responsables élus.
Surtout, ces pays connaissent les mêmes crises que les républiques, défiance, fragmentation politique, tensions sociales, difficultés économiques. La monarchie n’a rien résolu. Elle n’est pas une réponse politique, elle est un cadre symbolique.
Les monarchies dynastiques françaises reposent, elles, sur une logique devenue étrangère à la culture politique nationale, la légitimité héréditaire. Qu’elle existe comme mémoire historique est une évidence. Qu’elle constitue un projet politique crédible dans une démocratie moderne en est une autre.
La confusion est encore plus forte lorsqu’on y mêle le bonapartisme. Assimiler bonapartisme et monarchie dynastique est une erreur. Les expériences impériales françaises reposent sur une logique différente, l’appel direct au peuple, la légitimité plébiscitaire, la primauté d’un exécutif capable d’agir.
Le bonapartisme n’est pas le retour de l’Ancien Régime. Il appartient à la modernité politique française, celle qui cherche à concilier souveraineté populaire et efficacité de l’État. Dynastiquement marginal, politiquement durable.
Le problème français n’est donc pas l’absence de monarchie. Il est ailleurs, dans l’affaiblissement progressif de la Ve République. Pensée pour permettre la décision, elle a été transformée. Le quinquennat a réinséré la présidence dans la logique partisane. La décentralisation a fragmenté l’action publique. L’intégration croissante du cadre européen a déplacé une partie de la décision hors du débat national. Résultat : un régime conçu pour trancher mais vécu comme empêché.
C’est dans cet espace que réapparaît une tension ancienne, celle entre le pays réel et le régime des partis. Non comme slogan nostalgique, mais comme expérience largement partagée d’un décalage entre la société et ses mécanismes politiques.
Chaque fois que ce décalage grandit, la même exigence revient, un pouvoir légitime capable d’agir.
La question n’est donc pas monarchie ou république. Elle est volonté ou impuissance.
Aucun régime ne corrige mécaniquement les difficultés d’un pays. Ni couronne, ni réforme institutionnelle ne remplacent la décision politique. Les monarchies européennes n’échappent pas aux crises. La France ne souffre pas de ne pas avoir de roi, elle souffre d’un pouvoir devenu hésitant, dilué, contraint.
Le retour de la monarchie est une réponse simple à un problème complexe. Mais c’est une réponse symbolique.
La France n’a pas besoin d’un héritier. Elle a besoin d’un pouvoir clair, responsable et capable d’agir au nom du peuple. Depuis la Révolution, la règle est connue, la légitimité vient du peuple. La seule question qui demeure est celle-ci, que fait-on de cette légitimité ?
Thierry Choffat
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