Penser d’abord la France : le choc de souveraineté nécessaire
Le retour de la guerre en Europe a réinstallé une évidence stratégique : la sécurité d’une nation repose d’abord sur elle-même. Les alliances comptent, la coopération européenne est utile, mais aucune architecture ne remplace la responsabilité première d’un État : assurer sa défense. Avant de penser Europe, il faut donc penser France.
Sur ce point, le constat formulé par le général Pierre de Villiers dépasse les clivages. On peut ne pas partager toutes ses positions, mais son diagnostic mérite d’être entendu : notre modèle de défense, conçu pour un environnement jugé plus stable et pour des engagements limités, doit aujourd’hui changer d’échelle.
Le choc de souveraineté dont la France a besoin n’est pas simplement budgétaire. Il est structurel. Relever sérieusement le niveau de notre défense suppose de programmer dans le temps long, de reconstituer des stocks, de sécuriser les approvisionnements critiques et de garantir une capacité de production rapide en cas de crise. La guerre moderne est aussi une affaire de volumes, de logistique et d’endurance.
La souveraineté passe inévitablement par l’industrie. Un pays qui ne produit plus ce qui est essentiel à sa défense accepte une dépendance stratégique. Renforcer la base industrielle et technologique nationale, réduire certaines vulnérabilités et assumer que l’autonomie a un coût deviennent des choix politiques centraux.
Mais la question du temps impose aussi du pragmatisme. Il ne faut pas avoir peur, dans l’immédiat, d’acheter « sur étagère » certains équipements afin de combler rapidement des lacunes capacitaires. Cette approche n’est pas contradictoire avec la souveraineté si elle s’inscrit dans une stratégie claire : répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir.
Car l’enjeu n’est pas seulement de produire national, mais de produire intelligemment. Concevoir des matériels plus rustiques sous certains aspects, modulables, évolutifs et industrialisables rapidement — comme peuvent l’être certains blindés — permettrait de concilier volume, coût et souveraineté. La sophistication ne doit plus être l’unique horizon ; la robustesse et la capacité de production comptent tout autant.
Le cœur du problème reste cependant organisationnel. Les cycles d’acquisition trop longs, l’empilement de normes, la lourdeur des procédures et la difficulté à innover rapidement freinent l’adaptation. Révolutionner les habitudes signifie simplifier, accélérer, expérimenter et accepter davantage de risque. La vitesse est devenue une dimension stratégique.
Ce choc doit également être sociétal. La défense ne relève plus uniquement des armées : résilience des infrastructures, cybersécurité, capacité industrielle, réserves, culture stratégique. Une nation préparée renforce sa dissuasion et sa liberté de décision.
Penser d’abord la France ne signifie pas refuser l’Europe. Cela signifie y contribuer à partir d’une base solide. Une coopération crédible suppose des nations capables.
Le débat sur les moyens et les priorités est légitime. Mais le statu quo ne l’est plus. Le retard stratégique se paie toujours plus cher que l’anticipation.
Le choc de souveraineté n’est pas une posture. C’est une exigence de lucidité : combler rapidement nos lacunes, reconstruire nos capacités, et retrouver la liberté d’agir. Se préparer sérieusement n’est pas choisir la guerre — c’est se donner les moyens de l’éviter.
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